 |
ur
la palette des Arts, la sculpture en Catalogne du Nord s’illustre
d’abord par le Mestre de Cabestany, artiste itinérant
de la période romane. Fin XIIème siècle,
celui-ci signe la frise du portail de l’église du Voló
et le tympan conservé en l’église de Cabestany,
œuvres singularisées par des personnages trapus et des
angles tranchants… Au siècle suivant, avec Jaume de Faveran,
qui sculpte le grand christ trônant de la cathédrale
de Perpinyà, la statuaire gothique romp avec la rigidité
romane. Josep Sunyer se distingue au tournant du XVIIème
et du XVIIIème siècles par ses grands retables
baroques.
 |
|
Maillol,
"La nuit" |
La
figure de proue de la sculpture nord-catalane est Aristide Maillol
(1861-1944). Intimement lié au territoire de Banyuls,
ville de la Marenda partagée entre la mer et la vigne,
Maillol est le maître du développement de la sculpture
moderne européenne, à laquelle il offre ses premières
grandes composition à partir de 1900. En référence
aux traditions gréco-romaines, Maillol travaille la nudité
féminine comme symbole de victoire. Les femmes girondes
de son époque, issues du peuple catalan, se muent en
imposantes statues d’apparence classique, résolument
novatrices en réalité : son génie réside
dans la force placée autour d'un axe central. Epurés,
puissants, les bronzes de Maillol habitent les musées
du monde et vivent à l’air libre en Catalogne du Nord
: Vénus et Méditerranée
sont visibles dans le centre historique de Perpinyà.
A Port Vendres, Ceret ou Banyuls, ses monuments aux morts de
la première guerre mondiale s’exposent en extérieur.
Par cette présence populaire, Maillol est un véritable
artiste de pays. Son aura ne saurait occulter le talent de ses
contemporains Gustave Violet, témoin de la douleur, Henri
Frère, disciple de Maillol lui-même, ou Marcel
Gili, l’artiste des luttes internes, disciple de Violet. Cette
lignée de plasticiens à succès est suivie
par José Bonhomme, auteur de bronzes sensuels lisses
sous la caresse, Josep Castell, fidèle à la terre,
François Pous, générateur d'abstractions
métalliques, ou Emmanuel Bolzoms, qui traduit les mythes
orientaux et judéo-chrétiens en résine
polyester. Inscrite dans une continuité, la sculpture
nord-catalane, dégagée des contraintes et des
modes, semble toujours apte au renouvellement.
|
 |